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Hiver éternel

J’ai toujours aimé la cour de derrière pendant l’hiver. Je m’y reposais le long de la saison, sur un rocking chair en contemplant la neige lisse, tandis que le chien sautillait en imprimant ses petites traces de pas. La vue était romantique comme un livre de Hugo.
Le chien ne pouvait pas comprendre cette beauté. Jamais il ne pourrait apprendre le plaisir de la vision, de la chute de ces flocons frais sur le pelouse bien verte.
Maintenant que je suis vieux, j’attends que mes fils viennent piétiner la poudreuse immaculée. Je sais qu’ils ne viendront jamais. Mon chien est mort, et avec lui l’espoir d’être un jour rejoins dans mes romantiques visions bucoliques.
Je me berce, seul sur mon rocking chair, dans un silence qui me terrifie, en attendant que la mort m’emporte, là où je serai avec lui. Là où l’hiver dure toujours.

Published inRécits périssables