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Pensées forestières

J’aime me promener en forêt. Le seul son de l’instant est celui du craquement des branches sèches et des feuilles mortes sous mes pieds. Il n’a pas plus depuis des jours. Dommage, j’aime l’odeur de la forêt humide, et de l’humus qui remonte. Autour de moi, la faune inconsciente organise sa vie sans s’occuper de ma présence. Eux aussi ont leurs sons propres.

Puis les sons s’accumulent, parallèles, ceux de la nature qui vit sans moi. Sans humain. Une fumée s’élève au dessus de la canopée. Je la vois, je la sens, cachée derrière un gros arbre. Puis une flamme. Le visage du feu m’apparait en quelques seconde, comme un personnage de comic.

Les êtres vivants sont remplacés par ces flammes cinglantes qui s’agissent à l’horizon en me regardant fixement. Je me risque à les scruter discrètement, caché derrière le gros arbre. La tentation de fuir s’éveille. Le laisser là, grandir au loin, et me sauver. Mais non. Fasciné, je l’admire, le regarde jaillir et bondir, prendre son envol et déverser son feu de fusion tout autour de lui. La peur est une entaille qui me paralyse.

Published inRécits périssables