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Mois : juin 2017

Miroir

Phosphore de vie
Amputé de ses sens
Distille les ondes magnétiques
Etalant leur savoir scientifique
Ces incroyables offenses
Aux insondables litanies

Matinée

Comment ouvrir les yeux
Quand la chair extirpée
De ce corps au réveil
Luit encore

Du sang qui coule ?

Dans les draps furieux
Fatigués par la nuit
Les bras nus de l’amour
Annonce le jour levant
Pendus à la pendule
Paresseux et bougonne
Qui distille les rêves

Les costumes aux manches courtes
Donne leur toile forcée
Au lycéen qui s’approche

De ces années d’expérience
Fuite la destinée gravée
Sur ton front dévêtu
Suant la fatigue
De cette nuit incomplète

Sans but

De son immense prunelle
S’entend des ailes du train
Caché par l’horizon funeste
Dirigé dans les bornes notes
Enduites de d‘ennui
Qui chante le ruisseau
Glissant dans la vallée

Visage d’une chanson
Enflammée par les mots du vent
Cueillis par ce fruit noir
Rompu aux actes manqués

Alternances

Des pointes dans le cœur
Des pieux dans les poumons
Des piques dans la gorge
S’offrent à cette passion obsessionnelle
Où s’endorment le porteur
Dans d’incroyables position
Aux parfums informels
Aux doux parfums d’orge

Ultimatum

La peine se laisse guider
Dans un temps soupçonneux
Dans un tout où tout est en biais
La peine bouge et se meut
Un ver de trop
Bouscule ses idéaux
Indice de mots pluvieux
Cratère de syllabe poreux
Qui mène cette vie lacrymale
Où finit la flamme infernale
Où jaillit les refrains
Et se consomment les cyprès

Danses aquatiques

Le bal sidéral
Qui fuit les instants détachés
De la rigueur agricole
Bien aimée et délétère
Terre de feu
Ciel de sang
Entrelacés dans une fureur
Délaissée par le sommeil
Fugace et libre
En vain il représente
La fin pluie bleue
Qui tombe heureuse
Sur les chemins galvaudés
De cette galaxie fourbe

Parades des songes

Abandonné par l’esprit qui le regard parmi les miens dans la déliquescence de cette descente sans fin et sans fond, perdu dans mes propres pensées, je songe à moi-même pour âme recentrer sur tout ce qui a fait que je sur et que je suis encore. Je n’ai pas changé. Peu. Pas sur le fond. Je me morfonds dans cette mutation, souvent amorphe, qui ne me correspond pas. Impossible de savoir où je vais. Je regarde devant moi, mais la brume coupe cette vision à long terme que j’aimerais. Les rêves me reviennent comme les oiseaux perdus.

***

Le sang coule aux portes de cette Ville Nouvelle, devant le port aux barques où fleurit la magnificence des sciences perverses. Au loin, la cloque tinte la vie acre. Les fenêtres se lèvent pour admirer l’alliance sacrée, symbolisée par les pierres précieuses scintillant dans le ciel rougeoyant. Les rues s’étalent dans l’obscurité de la nuit aux perspectives sombres, alignées à la Lune magique où se gravent les instincts primitifs des fêtes endiablées.

Les découvertes des bandeaux frappant le regard. Un corps livide et sans vie, blanc, humide. Ses habits en lambeaux comme la fin d’un conte cruel. Nulle trace de sang autour de lui. Nulle trace de violence. Juste ce corps déposé dans la rue sale, aux chaines putrides qui se décomposent.

Personne ne s’arrête plus devant cette absence.

***

L’enfance marche sous les huées des clochettes qui virevoltent au vent frais. Il n’existe guère de plus noble représentation d’elle même que cette présence blonde et saturée qui marche, pélerinant dans l’atmosphère arrive, avide de sentiments. Au balcon, un cœur tendre admire la beauté nue qui passe. Langoureusement. Elle aussi est devenue banale au point qu’on ignore. Les cloches sonnent à nouveau. Dans sa chair on peut lire sur la fragilité de l’argile, ses pensées pures qui murmurent l’adolescence. L’idole revit, dans le soleil caché et dans les nerfs de cette poupée aux nattes brunes qui avance. L’innocence les croise sans le regarder. Les rives de la rue semblent s’éloigner. Indignes perspectives.

***

Derrière un buisson, une mystérieuse ombre rode et fait frémir les branchages. Elle observe l’enfance qui marche près du cadavre, froid. C’est la seule qui semble le regarde. Peut-être que mal candeur est une clef de la vision. L’ombre s’agite et suite lentement l’enfance qui mue devant elle. Les clochent sonnent encore, mais il n’y a plus vraiment d’heure. Le temps est abstrait ici. L’enfance continue de déambuler dans la ruelle qui rétrécit, uniquement éclairée par cette petite Lune. Le sol est humide. Il a plu. L’enfance aime l’odeur du goudron mouillé. La Ville Nouvelle s’est vidée. Ils ne sont que trois : l’enfance, le mort et l’ombre.

***

La terre sainte accueille par millier les repentis qui ont traversé le fleuve qui gèle chaque hier. Beaucoup se laissent couler avant d’atteindre la rive. D’autres se blessent et meurent à leurs portes. Rares sont ceux qui comme lui gisent, dans la rue, comme régurgité par le fleuve. Dans le hameau qui se veut doux, les eaux engloutissent ceux qui sont impurs. Le lac monte quand l’enfance pleure trop longtemps, et fait déborder le fleuve. C’est alors que de déposent parfois le corps froid ‘une âme perdue dans la cathédrale liquide.

***

Devant le tombeau qui ne possède pas de son, l’enfance pleure. La mort, c’est le temps qui passe. Un jour, elle aussi devra écrire son nom, le grave sur une pierre grise qu’on finir par ne plus regarder ? C’est quand l’enfance prend conscience de ce temps qu’elle devient adolescence.

La boue rouge à ses pieds mouille ses chaussures usées. Elle marche jusqu’à un vétuste lampadaire. La lampe éclaire son visage blanc. L’enfance évoque la vie.

***

C’est l’heure de la satisfaction. L’ombre amoureuses sort sa beauté ineffable de l’obscurité. Elle vient corps et désir. Son charme est chanté par une voix mélodieuse bénie par le soleil qui se lève. La nuit s’endort sous le génie du luxe qui se murit aux rayons de lumière. Il regarde la nuit s’endormir, bercé par ses doux yeux clairs. La vengeance attendra les prochains rêves. Le désir serpent dans les rues de la ville qui toujours sommeille.

***

Le monde a exploité l’ombre pour ses plus néfastes parades. Affable. Son faciès déformé par l’ennui redoute désormais le zèle de ceux qui le regardait. Il redoute tout ce qui pourrait le désirer. Désirer le désir, amorphe conviction de désespoir. Les songes sanglotent à l’idée des complaintes pleurées par des esclavagistes. L’ombre voudrait qu’on l’admire, mais elle sait que la lumière la fait disparaitre. L’ombre est fragile, et son jardin saccagé. Il faut être délicat pour l’apprécier.

***

L’enfance a la douceur du sucre. Elle sait que l’ombre existe et voudrait la voir. Mais elle la fait disparaitre chaque fois qu’elle voudrait la mettre au creux de sa main, puis la cherche. Fondre quand elle veut la serrer contre elle. Alors l’enfance pleure le paradoxe immuable devant elle, d’un chagrin à faire envie au mort qui git solidaire, sans larme à ses pieds. Mais l’enfance attend la nuit. Parce qu’elle sait que chaque nuit, l’ombre peut s’éclairer, et la mort marcher.

Quand son nom commencera à se graver, l’enfance oubliera la nuit, et la parade des songes pour faire du sommeil un simple outil de réparation mécanique. Le mort se décomposera. L’ombre ira se tapir.

Mauvais sang

Jadis, si je me souviens bien, ma vie était un festin, infesté de souvenirs soulevés par les morts brutales de ceux pour qui le bien coulait. Désarmé face à cette injustice amère, je l’ai insulté puis j’ai fui dans mon espérance enfantine, jusqu’à tenter de m’étrangler avec la joie féroce qui me contemple. Elle aussi m’a fui.

Ce sont les fléaux et le sang qui ont accueilli mon esprit meurtri dans la froideur de ma foi qui s’éteignait mort-née, allongée dans la boue, humide. J’allais pour longtemps laisser la marque de mon pied. Je me suis moi aussi séché à l’air et à mes délires.

Et l’été m’a apporté l’affreux rire des idiots.

Perdue depuis longtemps, la clé de mes songes sombrait au fond de ce festin que tout le monde ignorait. C’est l’inspiration que j’ai rêvé qui repousse les démons tentant de me couronner de leur toge de pavot dont je m’étais déjà paré.

Je n’ai trop pris, alors je vous en conjure, laissez le petit scribe que je suis recopier les pensées qui se détachent de ses rideaux feuillets du carnet de damné.

***

Je ne marche nulle part. Je reste là devant l’immonde bête sauvage qui guette mes sept ans après les quinze qui furent la sainte image des marches ivres sur le rivage de l’enfance. Sourdes, mes infirmités chroniques récitent les paroles païennes pour louer le fardeau qui m’empêche de m’évanouir, qui parfois me fait reculer sur le chemin des damnées. Chargé de vies, je contemple les bords de ce chemin, tortueux, qui semble aller vers l’infini qui s’ignore. J’ai cette attente interminable et indéfinissable en horreur, comme si cette race qui me définissait m’enfonçait dans le faisceau qui se durcit à mon passage.

***

Quel mensonge ouvre la route aux singulières caravanes qui pullule dans les puits torturés par l’ennuie et la colère ? De cette chimie neurone il ne reste que quelques parles qui reviennent à moi en écho, et s’affairent à créer cet air plaque et délétère, couteaux aiguisés dans ma trachée qui tente de se dégager en toussant ses excuses. Fallait-il que j’adore les vices qui me considère à l’écriture maudite de ces images de douleur ? Je soigne cette gourmandise avariée avec le sucre empoisonné de la conquête de ces désirs avariés. Ivre de sommeil.

***

Délaissé par la perfection, je débarque, ma folie qui bout dans l’exaspération d’une foule de pasteurs qui soulève son poing vengeur vers mon visage, désarmé par la fatalité. De longues nuits d’hiver ont précédé ces voyages épars vers la faillite émotionnelle où s’étreignent dans le prisme de disant devant mes yeux. Ma pupille se rétracte en regardent cette lampe aveuglante et son filament qui brule ma rétine, et imprime sa violence sur ma cornée qui se voudrait vierge.

***

Je ne veux pas le mal. L’ai-je seulement fait ? Je cherche la légèreté dans ma fabrique de tristesse qui, à chaque heure sa peine, produit à instant régulier des nuages érotiques et des rêves névrosés. Le baptême de banalité me refuse son coup de grâce qui me placerait entre les deux rives que je vois s’éloigner. Infirme, perdu et fatigué au milieu de ce fleuve aseptisé, je m’épuise en tentant de ne pas couler. L’eau saura me réveiller.

***

Les pleurs secondent la tristesse de cet ennui mortel qui refuse de se pratiquer. Entre méprise et rimons, je regarde ce miroir qui se détourne de moi et me déclare le pire de mes sosies… Mon bonheur trop établi s’est alors envolé, souple et dissipés, et s’est mois à flotter au-dessus de me reflets chers que je n’espère pas éternels. Il n’est pas besoin d’envie de s’aimer pour fuir le premier, puis aux seconds égards être si loin que l’autre ne peut plus apercevoir mon ombre. Innocence, cruel fléau et déteste amour, rejoins-moi dans la sensibilité de mon cœur aux abois qui me combat quand je suis faible. Regarde encore l’humidité de flute ma vision. Damne-moi si plus rien ne peux m’aider.

***

Je regarde mon mauvais thé se diluer dans cet antre de plastique bleu. J’aimerais dire que c’est le poisson d’où la mort me gagnerait sans souffrance. Mais la banalité terrifiante de ce liquide jaunâtre me ramène à cette réalité froide d’où je ne peux sortir. Cette peine qui me semble téterelle me suit. Est-ce celle qui est en moi, ou celle dans laquelle le suis ? Le regard perdu dans ma froide infusion divague et je me vois autre. Je me vois mieux. Mieux que ce que je ne verrais jamais dans ces vitres qui parfois reflètent celui que j’aimerais ignorer.

***

J’imagine la présence des absents dans ce bassin doré qui reflète les âmes disparues. Je me plonge en entier dans cet anneau liquide qui m’observe fixement. Il soulage la douleur du départ, guérit le passé des souffrances que le manque a creusé. Je vois devant moi ce concert d’échos damnés qui cache mal son désir paranoïaque de revenir vers moi. Je me fonds dans leurs étranges formes pour ne faire qu’un, pour rétablir cette vérité qui fut. Plus rien ne s’oppose au luxe du retour, dissous dans mon âme qui se reflète dans la fontaine gelée. Je refuse de plier sous le poids du temps qui se moque divinement de moi.

***

Que de larmes se sont écoulées en pensant à tout ce qui n’est plus, ignorant parfois l’espoir de ce qui sera. Parfois même dédaignant ce qui est. Maudit par l’horloge, je me laisse porter par les aiguilles que sont les fourches qui me piquent, soixante fois par minute, d’une régularité affolante me plongeant dans un affreux délire infernal. Soumis à l’enfant que j’ai été, chargé de mépris et de haine pour ce qui se perd, je répète mes tortures infaillibles.

***

Ce baiser putride qui me poursuit dans le fleuve maudit qui s’écoule trop vite. Cette sanctification est devenue enfer dans les tourments qui ne se poursuivent dans jamais s’arrêter. Assis devant le parvis de l’espoir courbaturé, mon corps se refusé à tout mouvement, tandis que je repense aux lèvres délicatement posées sur la peau brune. Je crie mais personne ne m’entendra jamais tant mon misérable cœur étouffe les sons qui voudraient s’échapper de moi. Je suis l’esclave de la douleur.

***

Je bois mon avenir hideux. Sans l’accepter vraiment, je fermer les yeux et l’ingurgite pour faire corps avec lui. Au plus profond de moi, je le sens s’imprimer et emplir tout mon être. Sa délicate et mystérieuse ascension en moi aiguise mes sens, et je peux maintenant exprimer chacun de mes mouvements. Mais j’ai mal. Tellement mal. Défiguré par la douleur, mon reflet ivre s’isole un peu plus dans un décor où rien ne s’aligne jamais. Tout y est chaos, rendant toute description vaine et approximative.

***

Déchiré par le rejet, je pense à l’être. Moins aux corps qu’aux sentiments, et à ce cœur brisé pour longtemps, et qui refuse de se renouveler. Il n’y a plus de bons et de mauvais côtés, seulement de sombres délires qui m’enfouissent sous le poids du remord jusqu’à l’étouffement. Sans profonde folie, je navigue dans l’océan trouble de la dépendance aux souvenirs qui se flouent. Ensorcelé par ce Styx où se perdent les âmes, je me laisse guider au loin. Loin de l’été, dans le froid glacial qui m’a gelé jusqu’à me rendre immobile, dans cette peau sombre où tout refuse de vivre.

***

Je veille dans cette journée qui ignore les heures et les minutes. Egaré dans les courbes qui passent, j’oublie moi aussi ce qui devrait se perdre sous peu. Bientôt l’oublie précoce deviendra une perte définitive, et le souvenir s’évadera comme s’il n’était jamais arrivé. Je pense baisers et étreintes, je vois nuages quadrillés et pelouse morcelée. La réalité frivole me permet la honte d’avoir aimé.

***

Je rêve de cette ville inconnue aux lumières pastel qui m’accueillerait au présent et en surface. Dans un monde qui lit dans creuses les cœurs et peler l’individu. J’aimerais quitter ces paysages de tristesse pour rejoindre les couleurs de rues accueillants, brises pour l’affection des autres. Ouvrez vos bras, j’arrive en trombe dans l’inconnu qui acceptera ma présence. L’aventure d’une nouvelle vie ma guette, et j’aimerais ce soit la sentir sur moi, et me dévorer.

***

Les affres des mots modernes me semblent dérisoires face à l’Histoire des pages qui se succèdent devant moi. Je sers une croisade chargée d’érotisme débuter sans moi. Très loin. Elle m’ignore et se refuse à moi. Dans ce voyage à la littérature affolante, je rêve de découverte et de guerre contre moi. Ils sont tous là. Aimés et devant moi. Les larmes embuent le brouillant de cette matinée humide où la rosée ne s’évapore pas.

***

Ma conception circulaire du temps corrompt la liqueur tiède qui s’évapore quand on y pense trop longtemps. Le temps se courbe sous l’effet des alcools. L’instant est amer et poétique, comme une hallucination qui s’exprime dans l’innocence des conséquences avariées. Des rapprochements semblent possibles si l’imagination fait suffisante. Et ce temps qui avance sur le chemin du ciel se perd, lui aussi, dans les trop nombreuses variantes qui désorganise l’expression de mes esprits châtiés.

***

Première strophe de discours. Pendant un court instant d’inspiration, j’agite mes aigreurs pour me rapprocher de la poésie du verbe. J’aimerais qu’il me carne, m’entoure, et à son tour m’asphyxie. Le sable des mots s’étale sur la plage de mes pages. Je m’étends longuement pour oublier l’innocence. Ah l’alchimie parfaite ! Elle n’est pour moi qu’un infirme part de réalité promise à un concept abstrait, exprimé par d’étranges gouts amers. J’aimerais lui dire adieu. J’aimerais surtout n’aoir jamais connu son existence. Alors je dessine mes silences pour mieux les oublier, tournoyant sous le vertige de ma peur de n’être jamais celui dont j’ai rêvé. Reflet de paix.

***

Je méprends de ce temps qui s’ajoute lentement devant moi, le fixant avec ce regard immobile et morbide. Les passages les plus sensibles constituent une fine couche de brume autour de moi qui m’empêche de voir au loin. Je me vide de toute substance. Je me désintègre. Je me dissous encore une fois dans un nouveau être. Renaissance intime sur l’autel qui console chacun de mes mots-offrandes. Ne rejette pas l’expression de mes sens devant le déluge d’émotions. Acceptez-moi.

***

Au plus haut des tourbillons de tourment s’allument les pensées grasses de veille. J’observe tendrement la durée de la nuit solitaire. Ecarte pour moi ce qui cache ta lumière et montre l’éclat de ton jaune frisant qui veut luire sur moi. Où se cache ce moi dans les fantasmes se reportent systématiquement sur autrui, ce reflet difforme ?

***

Un brouillon infernal se froisse devant moi. Hallucination volontaire ? Je ne peux pourtant que le subir et j’ai depuis fort longtemps perdu tout contrôle sur ces flamboyantes visions. Pays de ténèbres, accueille-moi dans l’allusion de ta folie, je suis à ta frontière devant ta porte. Je me souviens de tes histoires qui parlent de ton royaume au confis du réel. Accueille mes sophismes et mes excès aux chants de la douleur enfermée. Je sais ce qu’est une clef.

***

Consolé par l’impossible, je m’allie aux conclusions fatales du repentir. Je fantasme de nouvelles fugues seul et malmené par les yeux du monde dans mes souvenirs. J’élude sans préavis cette souffrance qui refuse de partir. Dévasté par ce chagrin estival, je repense à ceux qui ont émietté leurs cœurs sur le mien, graines de savoir dans mes éclairs parfois mystique. Faut-il pour autant que je m’accorde le déshonneur qu’ils brandissent devant mon iris grande ouverte ?

***

Ellipse. Je salue l’enfance avant la mort. Elle est douce est savoureuse. Sa tendresse ma réchauffe. Il n’y a ni faux damnés, ni joie trompée. Regarde, je souris ! Je n’ai ni pays, ici ami, mais les apparences ne cachent à cet instant rien de plu. Pas de fuite non plus. Je marche lentement vers demain, inconscient de ce mauvais sang. Les autres semblent aussi naïfs que moi. Qu’il me semble beau ce monde aux tendres allures légères, colorées et indolores.

***

L’âge d’or est une autre partie de mon temps. Inconnue. Disparue. Intouchable en tout vas. Je m’éveille au milieu de ces divagations rumeurs qui me portent. Je ne sais où m’échapper. Ni quand. Je ne sais d’ailleurs si je veux m’échapper de ce lieu et de ce temps. Je suis simplement le fil du raisonnement qui me tient en joue pour m’empêcher de m’échapper sur le Styx, où pour sûr, je me noierai pourtant. Cette tyrannie de l’esprit, déchirante infamie, me propulse violemment contre ce mu de mes lamentations où pleure le ciel.

***

Dans le Marais de Dante, je cherche qui descendra avec moi le Styx sur la carte des martyrs. Mais je ne suis pas un héros. Simple soldat déchu du désespoir, je suis à l’asphyxie de la lave des regards qui voudraient me noir, mais me sauver à l’instant où la vie me quittait. Morbide simulacre. La sagesse qui me restait s’éloigne sans que je ne le voie. Ce monde n’a plus d’âge et moi, éveillé en son sein, je guette la vie.

***

Je songe aux hallucinations qui souvent me guettent et à ce venin, impératif catégorique, insolent et violent, qui j’injecte parfois dans les trop tendres victimes. Cette vision de pureté altérée inonde mon esprit embaumé par cette époque immatérielle et indatable. La tyrannie de l’esprit forge l’horloge qui teinte chaque délit de l’âme. Mornes données. Les visions se multiplient jusqu’à devenir plus réelles que la réalité. Pendu à ces tourbillons virtuels où je philosophie en vain, mes songes remplissent ma vie sans limite du Moi. Et tout ça disparait.

***

Le cœur des autres bats dans ma main qui se reforme. Je sens au plus profond de moi ses battements comme s’ils étaient miens. Brandie par les plaignants, les douleurs symptomatiques des conséquences du passé brûlent mon image. Je souffre aussi, mais je n’ai pas la parole. Mes rêves oisifs ne cendrent devant moi, disparaissant au vent qui attise. La rumeur gronde et souffle sur les braises coiffées par les flammes. De ce brasier jaillit celle qui voudrait être martyr mais qui n’est que victime d’elle-même. L’odeur du mauvais sang, sacrilège hargneux, innocent les parages. Plus personne à ignorer.

***

Mes confesseurs soutiennent et m’accueillent. Parfois leur présence me dépasse, mais ils comptent plus qu’ils ne le voient. Leurs facultés descriptives me dépassent. Dans la nuit sans fond, mes yeux las les observent et se reposent sur leurs épaules solides et tendues vers moi. L’ai-je mérité ? Je me pose souvent cette question devenue une ritournelle traditionnelle au milieu de mes cauchemars qui feignent la soumission. Ils se refusent à cacher les rêves en s’illustrant par eux-mêmes auteur de cette grand place blanche. Je m’y revois…

***

La fierté d’autrefois ne m’est jamais revenue. Elle m’a fui en même temps que cette vois penchée qui me suivait et m’écoutait. Aujourd’hui encore, je sanglote en repensant à elle, quand être moi n’était ni un chagrin ni une souffrance. Je m’enferme également dans ce que je suis, puisant mon être au delà des limites que peuvent fixer les affres qui défigurent la vie. Il n’est plus question d’émouvoir, mais d’ouvrier les valves de la mendicité émotionnelle pour laisser s’égoutter les manques d’hier qui sont les fuites de demain.

***

La vérité est un orgueil qui souvent me dépasse. Je rêve de cette éducation sensible et symbolique, aux relations douces et permissives. Rien ne se projette plus en moi que ces couleurs délabrées, destructives, qui viennent abattre les châteaux de mots. Les caresses cotonneuses tournent autour de moi et je n’entends rien de ce confort affectif et protecteur.

***

Les matinées me refusent le salut de leurs travaux. Le pas lourd, loin des sentiments évidents, je rente de cacher ce qui doit éviter le jugement, et embellir les envoles grises qui ne me font pas sourire. Le mensonge est l’arme de cette faiblesse crue et misérables qui me ronge, rouille acide qui avance sans pardon. Dans les tréfonds pourris du port de la misère se cache la tristesse de la reconnaissance noyée. De ce brouillard, les yeux fragiles de l’autre ne percent pas. Ils ne font pas non plus l’effort de passer outre. Alors, je vis reclus de la conduite éternelle, puisant le secours dans une vie imaginaire qui m’est propre. Dispensé de toute rechute, le mensonge s’implante dans cette terre de mots boueux où les vers grouillent. Damné jusqu’à la modernité prosaïque, cet art du souvenir s’enlise dans les brises acérées des cantiques affirmations.

***

Ma vierge évangélique renie sa fureur passionnelle au profit de ses mystères singuliers. Elle n’accuse pas, elle nomme chacun de ses regrets de mon nom, et porte son jugement péjoratif sur l’auréole de mon âme, qui disparait dans n’avoir jamais vraiment existé. L’évident est démontée et l’autre jubile. Heureux de son raisonnement fallacieux qui, par un calcul sophronique, s’embarque dans une vérité approximative qu’il voudrait voir éclater aux yeux du monde. Le mien s’est écoulé depuis. Les espoirs avec.

***

Sur les ruines du crucifiement, je m’engage sous une lueur qui peine à bailler. Rien n’est jamais acquis, ici encore moins qu’ailleurs. Autour de cet élu, celui des mystères sombres, un fleuve porte la barque des espoirs. Elle flotte sur l’eau salée, fruit d’hallucinations innombrables. Mon dépit parmi les décombres, s’enfonce dans le sol humide. Ici s’achève l’automne, saison aux couleurs infernales qui cultivent la brume. Au loin se tient la Ville Nouvelle qui ne m’attend pas. Je n’attends rien d’elle non plus. Mes vers solitaires détriment la passion que j’ai de travers une dernière fois mon existence. Il n’est pas besoin de compagnie pour créer mes mots qui rassurent.

***

La mine du corridor de mon regard admire ces paradis déchus au-dessus du lac stagnant puis du Marais purulent. Rien ne s’engage dans cette vision putride qui recule sur les pas des anciens qui ont dû en être les maitres. J’aimerais y courir, lentement et sans douleur, dans la chaleur de cet été aux souvenirs qui ont le gout presque imperceptible qui ne disparait jamais. La preste m’est acquise. Marqué par cette saison d’enfer, je déploie mes soupirs de vengeance qui paradent sur le deuil de la famine affective. Mais d’où vient ce vite abyssal qu’aucune saison ne sait combler ?

***

Déjà je disparais au fond de la voute dorée qui tient l’aorte de mes croyances. Quel ami, quel mensonge, quel amant accepterait due tenir ma main tandis que je m’enfonce dans la réalité crue de cette vérité cruelle ? Frappé par la honte du passé, l’orage du jugement dernier traverse ma vielle nouvelle. Je rejoins la rive qui me semble désormais si proche. Plus rien ne s’oppose à la mort.

***

A qui parlerais je de mes futures blessures quand j’aurais fini de nager sur ce Styx glacé ? Je n’y vois personne. Quelques Illuminations qui peut être, dans un supplie infernal, brulerons mon corps quand je m’en approcherai. Là-bas, les armes ardentes frappent l’enfance et l’innocence, me ramènent à la cime de l’arbre de vie qui m’a engendré, et dont la corde du pendu m’attend encore. Cette belle alliance sous l’aurore magique de l’hiver qui approche, créé des deuils de toutes sortes qui fragilisent l’équilibrent de mon esprit.

***

Ma barque coule. Je la voie s’emplir de cette lave glacée, du fond rongé par le temps. Toujours lui, intrépide chevalier à l’armure plus dure que mon courage. Je le laisse faire. Un rapide calcul. Nous n’y serons pas à temps.

***

Las des critiques et des jugements par défaut, je n’ai plus les forces combatives pour nager vers les rives de la ville nouvelle. Je regarde le fond se rapprocher de moi jusqu’à ce que l’eau-made atteignent mon visage. J’ai froid mais je laisse le soulagement m’envahir. Celui de cette dernière réalité violente qui m’asphyxie vers une autre exigence. Dans tous les cas, loin de celle-ci.

***

Mon visage submergé regardé la subtile limite entre le liquide et l’air. Je sais que c’est également celle entre la vie et la mort. Je me laisse partir sans combattre, courbaturé par mes efforts d’hier. Une clarté s’efface, espérant ainsi une renaissance au printemps, calme et reposée. Je repense alors à la chaleur de l’été, et je ferme les yeux en pensant à ma main tenue par une autre, soudées de confiance. Le sifflement de la vérité frappe mon oreille, déformé par le liquide qui me tue. Mais je vais en paix, soulagé et confiant. Je coule vers moi même, dans cette envie portée aux uns par les portes qui s’ouvrent.

***

D’ici, plus rien ne bouge. Adossé au fleuve, je regarde fixement le ciel qui nage à la surface. Mes yeux ne clignent plus et ceux qui hurlaient à ma mort ont déjà loin. Le mauvais sang ne sera pas déversé, mais il restera conscrit, dans ce corps que plus rien n’hésite. Dernier rêve de plaisir, dernière hallucination de joie. Je chante la fin des miens, je change ma fin, seul dans mon monde abyssal, de cette voix éteinte que personne n’entend, de ces sons que personne, jamais, ne comprend.

***

C’est ainsi que ce fleuve semblant à la Ville Nouvelle, accueille mon âme au courant mauvais, en criant l’incendie diurne, écumant les jugements étouffés. Marqués par les saisons qui s’effacent, je repose dans la vase chaude qui sait contenir ce que je suis. Nul besoin d’égard ici, nul besoin de regard. Je finis avec ma propre absence, dans mon individualité intacte. J’ai mon corps mais avoué mon âme, et purge dans ce bas fond la clarté de la honte. De ces délires meurtris, il ne reste plus rien que quelques vagues souvenirs qui déjà s’oublient. Mais de mon esprit surtout, surgit cette vérité qui enfin, luit.

Ascension furieuse

J’entends la nausée sauvage de mes tympans mugir au vent mauvais qui siffle dans l’orage des prairies. D’une paille achevée jaillit les éclats immenses de ces déserts de place infinis indestructibles, dépressions mystérieuses dont la fouge pittoresque, comme on l’appelle, fait éclore les mailles étonnantes des arabesques de carbone. Les rêves rouges ensoleillent alors de précieuses cornes qui bégayent, de ne pouvoir se fermer sur les printemps insidieux.