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Mois : octobre 2017

libre court #4

longue sérénades
longues longues longues sonneries brouillées par le vent qui caressait la paume jusqu’à la lisière de ma pensée frivole la dernière que j’eue avant de voir le miracle
habitée par l’hiver la voix de tes pensées revenait déjà à moi comme une dernière messe sonnant le Requiem d’un compositeur injustement oublié
ton corps entre deux tombeaux porte la mémoire de rencontres dévorés par l’image d’une bouche inconnue
***
en ton abîme je perçois le mouvement de tes lèvres
cri de dieu
soupir d’archange
mélopée idoine
tes pas marbrés résonnent dans la nef où tant avant toi ont été pardonnés une toute dernière fois par les tendres paroles teintés de regrets
la prochaine heure sera la bonne la prochaine heure sera la bonne
demain la peine s’en ira vers une histoire où les remords colorent les regrets jusqu’à les peroxyder puis les asphyxier de mutisme enfantin
éloigné par le vent cœur errant comme une pointe de fusil l’ombre de ton visage arpente la rivière du dernier voyage
je n’ai jamais vu cette barque non jamais
les pleurs amers en cercle autour de ce qu’il reste d’un présage coulent et creusent l’avenir d’une large incertaine
je pleure je pleure
oui je pleure
j’apprends à distinguer les pleurs des enfants tellement différents des autres
j’entends leur détresse et leur solitude
mais je dois disparaitre comme les autres
les yeux de mort ces yeux brisés tes yeux brouillés sombrent dans l’âme d’un souvenir prégnant
***
la prochaine heure oui la prochaine heure sera la bonne celle de la différence et de la solitude
les tombes enfantines attendent avec dédain l’arrivée des songes trop rares face aux âmes ailées qui murmurent un visage-miroir
les poignées de blessures se dissipent au cœur du marécage qui ensevelit l’autre celui où l’azur débarque
quelque fleur aimerait sortir de terre
mais tout n’est que pensée aqueuse et solitude acide au goût de sang immonde
***
le chant d’une dernière prière s’élève au-dessus du marécage devenu océan
océan de chant
océan de mort
continent d’absence à l’odeur exacte d’écoute terrestre quand le massacre des fosses sous-marines devient un génocide astrale
***
ne reviens pas

Marine

Ces éclats aux lettres d’argent
Renaissent au-delà de leurs tombes
Enfouis dans les peuples miséreux
Mystérieux et anxieux
Symbole de paix prémonitoire
L’espérance de leurs voix profondes
Aspire à devenir le cadre
Masque de liberté
A la force immense
Sur le chemin lent de la gloire

armée de pensée

avance mon cœur
marche sur leurs ardeurs
revis dans la simplicité d’un sourire
plus inquiet qu’une fleur à haïr

avance mon cœur
dévasté par les broyeurs
égaillant tes paroles incomprises
brisées sur la glace de la banquise

avance mon cœur
sur les routes sans chaleur
quand tu ments pour te sortir
glaive à la main dans Palmyre

ton visage sur le trottoir

cette époque où rien n’avait d’importance
je cueillais le temps et les mots d’enfance
ceux que l’innocence n’oublie jamais
broyé sous la puissance de cris d’orfraie

orfèvre du bonheur préfabriqué
je te regarde construire cet atelier
où je subis les aléas de ton bonheur
inondé par les pluies du bonheur

agonie de ton visage froid et meutri
qui plus jamais ne pleure ni rit
jour et heure de notre histoire illusoire
sur le tarmac rouge de ton trottoir

– treize novembre

Mon tram

autrefois j’avais dix ans et lui naissant
les numéros se croisaient
vers les sept heures des matins fragiles
où marchaient les enfants aux esprits embués
au milieu du brouillard et la rosée

maintenant il a dix ans et moi vingt
continuant à galoper jusqu’au crépuscule
ramenant d’augustes costumes sombres
qui lisent les journaux trop sérieux
dans lesquels son avenir s’écrit

Commande pour les 10 ans du Tram du Mans

putain de nuit

la nuit beaucoup trop courte
que nous finîmes en enfer
passé sous les réverbères du Ranelagh
à l’aube et la rosée

lune saligote
minuscule petit astre crasse

je finirai mes quelques lettres
à la lumière d’un écran gluant
où j’écraserai chaque cigarette
dans les yeux d’un serpent blanc