Skip to content

libre court #4

longue sérénades
longues longues longues sonneries brouillées par le vent qui caressait la paume jusqu’à la lisière de ma pensée frivole la dernière que j’eue avant de voir le miracle
habitée par l’hiver la voix de tes pensées revenait déjà à moi comme une dernière messe sonnant le Requiem d’un compositeur injustement oublié
ton corps entre deux tombeaux porte la mémoire de rencontres dévorés par l’image d’une bouche inconnue
***
en ton abîme je perçois le mouvement de tes lèvres
cri de dieu
soupir d’archange
mélopée idoine
tes pas marbrés résonnent dans la nef où tant avant toi ont été pardonnés une toute dernière fois par les tendres paroles teintés de regrets
la prochaine heure sera la bonne la prochaine heure sera la bonne
demain la peine s’en ira vers une histoire où les remords colorent les regrets jusqu’à les peroxyder puis les asphyxier de mutisme enfantin
éloigné par le vent cœur errant comme une pointe de fusil l’ombre de ton visage arpente la rivière du dernier voyage
je n’ai jamais vu cette barque non jamais
les pleurs amers en cercle autour de ce qu’il reste d’un présage coulent et creusent l’avenir d’une large incertaine
je pleure je pleure
oui je pleure
j’apprends à distinguer les pleurs des enfants tellement différents des autres
j’entends leur détresse et leur solitude
mais je dois disparaitre comme les autres
les yeux de mort ces yeux brisés tes yeux brouillés sombrent dans l’âme d’un souvenir prégnant
***
la prochaine heure oui la prochaine heure sera la bonne celle de la différence et de la solitude
les tombes enfantines attendent avec dédain l’arrivée des songes trop rares face aux âmes ailées qui murmurent un visage-miroir
les poignées de blessures se dissipent au cœur du marécage qui ensevelit l’autre celui où l’azur débarque
quelque fleur aimerait sortir de terre
mais tout n’est que pensée aqueuse et solitude acide au goût de sang immonde
***
le chant d’une dernière prière s’élève au-dessus du marécage devenu océan
océan de chant
océan de mort
continent d’absence à l’odeur exacte d’écoute terrestre quand le massacre des fosses sous-marines devient un génocide astrale
***
ne reviens pas

Published inNon classé