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Mois : octobre 2017

Mélodie

Tout a commencé avec le miroir de l’appart’ de Guillaume que nous avions récupérer dans une ancienne usine. Il avait trouvé sa place sur la table basse du salon. Quand le soleil se coucha, ses rayons vinrent frapper la glace. J’ai dû plisser les yeux pour réussir à le regarder.

– Du coup on fait quoi Gui’ ?

– Bah on se prépare et on sort non ?

Guillaume sort un pochon de son sac et fait une ligne de poudre blanche parfaitement droite sur la glace.

– T’es sur ? Enfin je veux dire, tu connais les mecs ?

– Ouais, on peut leur faire confiance. Enfin la dernière fois c’était un peu la merde mais bon…

Gui’ dégaine une paille de son sac et aspire la ligne sans que j’ai le temps de le voir. Il y a encore quelques mois je n’avais encore jamais vu ne serait-ce qu’un gramme de beuh. Le colloc’ de Guillaume sort de sa chambre en silence. Florent, plutôt mou, le cliché du fumeur de shit en fait, mais toujours le mot pour rire. Niveau colloc’, c’est le genre de mec qui ne fait jamais les courses et oublie ses poils pubiens dans la douche. Il s’affale dans le canapé sans dire un mot et allume son spliff.

– Y’a encore l’autre con qui joue de la guitare, balance Florent

– Ah ? Je n’entends rien.

– Bah écoute putain.

Florent colle son oreille contre le tapis et me demande de faire de même. Je m’exécute. Effectivement, j’entends vaguement quelques trucs en dessous. Je me relève un peu dégouté par le sol. On voit que les mecs font rarement le ménage.

– Tu prends la suivante ?

Gui’ a déjà préparé deux nouvelles lignes. Sans attendre ma réponse, il en aspire une d’une seule traite. Il renifle bruyamment puis se retourne vers moi en s’essuyant le nez avec sa main.

– Alors ?

Je n’ai pas envie d’avoir l’air d’un con, et puis ce n’est pas la première fois. A peine la poudre aspirée, je ressens cette inondation de sens dans mon corps. Je ressens tout, je comprends tout, j’entends la guitare. Oui je l’entends. Je ne reconnais pas le morceau, mais clairement je reconnais l’air. Je l’ai déjà entendu. A la radio je crois. Y’a pas longtemps même. Le néon du salon se met à scintiller. Ou peut-être qu’il scintillant avant. J’observe Flo’ et Gui’ qui continuent à boire et à fumer.

– C’est pour ça que j’ai rien dit à ce connard, mais bon, voilà.

Je ne sais pas de quoi ils parlent. Pas grave. Gui’ a préparé trois nouvelles lignes. Flo prend la sienne. Gui prend la sienne. Je prends la mienne.

– Putain ça me fait rien cette merde, dit Florent.

– Pourtant elle est cool, ça me file des frissons à chaque fois.

J’écoute mais je ne dis rien. Je subis. Je profite. J’admire. Je laisse couler. Je suis assis juste à côté de Florent, sentant le poids de mon corps m’enfoncer dans le canapé. Je réponds sans savoir ce que je raconte, les mots jaillissent comme des balles de ma bouche. Comme un hologramme de moi-même, je me regarde partir. Où ? Aucune idée. Mais je pars, en regardant le néant scintiller au rythme de mes pensées.

La poussière semble prendre vie autour de moi, s’agit, tournoie comme une cigogne dans un ciel de printemps jusqu’à devenir plus vivante que moi. Ça tourne, tout tourne, je tourne. Puis les particules s’enflamment, gonflent, pulsent jusqu’à devenir une supernova de lumière le temps d’un instant. Un intense flash qui me rend presque aveugle et brule.

Je suis dans un marais où tombent des flocons de lumière, cendres mouvantes qui créé de la mousse à la surface de l’eau. Je ne peux pas bouger mais mon corps avance. Il avance, tout en étant absorbé par le fond. Un étrange feu bleu à la surface de l’eau brûle les poissons qui s’aventurent autour de moi. Un brochet. Une anguille. Une truite. Ça pourrait être une baleine que rien ne me choquerait.

Alors que ma tête s’enfonce dans l’eau, j’entends le rire de Guillaume. Puis des cris. L’eau turquoise et grisâtre s’ensevelit et m’entraine au fond de cette vase. Des nénuphars géants referment la surface, empêchant la lumière de passer.

Totalement enseveli, avait d’énormes douleurs à la cage thoracique et des difficultés à respirer, je bouge mes bras. Ma main sent quelque chose, comme s’il y avait autre chose de l’autre côté, un autre monde qui m’aspire. L’eau me semble de plus en plus gelée et je ne vois plus rien, tentant juste vainement de me débattre pour atteindre l’autre côté.

Noir.

Quand je rouvre les yeux, je suis allongé sur une pierre près de roseaux au bord d’un autre marais. La surface de l’eau, éblouie par l’opacité d’un miroir m’empêche de voir ce qu’il y a dedans. Serais-je sorti de la ? Derrière moi, des ténèbres avancent. De plus en plus vite. Se rapprochent de moi. Mon regard court pour trouver quelque chose, et se fixe sur des espèces de petites lucioles qui clignotent de l’autre côté. Je ne peux pas marcher mais je me déplace quand même, enjambant le sol répugnant où se massent asticots et restes de mammifères ensanglantes. La puanteur m’empêche de respirer normalement. Un arbre calciné s’effondre à côté de moi, laissant tomber un nid d’abeilles noirci, tandis que je divague le long du marécage bourdonnant qui chante un étrange maléfice que je connais.

Je reconnais cette mélodie. Elle s’imprègne jusqu’au fond de mes os, dans mon cœur, serrant mes poumons pour m’empêcher de respirer. J’aimerais hurler mais rien ne sort. La mélodie. Cette mélodie, m’attrape et m’enfonce dans le marais qui m’avale à nouveau comme une énorme trachée vivante.

Noir.

Puanteur. Guitare. Néon. Visage de Gui’. Voix déformées.

– Woh tu te réveilles ?

– Ah bah c’est bon regarde.

J’ouvre difficilement les yeux.

– Allez grouille, j’ai cours, je dois me barrer là.

A mes yeux, Gui’ comprend que j’en demande plus.

– Il est 9H, t’as dormi genre toute la nuit là

Je mets de longs instants à reprendre mes esprits avant de demander :

– Dis… vous avez mis de la musique ?

– Non, on avait assez de l’autre qui jouait de la guitare à fond déjà ! Toujours sa musique de merde, toute la nuit.

Je cligne des yeux, encore gelé par l’eau du marécage. Cette musique. Oui, cette musique…

 

Texte sélectionné pour le concours Médiathèque Jean-Michel Bollé de Redon et le Service environnement de la CCPR

grisaille

sur ton corps
je marque mon territoire par l’odeur
cinquante nuances de pisse sur ton torse
et ton cul appelle les rêves
comme un terrain vague où je construis demain

lumière rose
lundi brumeux

je débroussaille le ciel d’épines
jusqu’à ce que les nuages t’adorent
je déchire la pluie de mes doigts
qui ont encore l’odeur de ton corps

chemin étroit
pâtisserie du matin

Mon livre s’est ouvert

Le sourire apparaît sur mon visage tentait de masquer les larmes qui embuaient mes yeux m’empêchant de voir distinctement ce garçon aux cheveux blonds.

« Allez, je dois y aller maintenant. Pourquoi tu pleures ? »

Son innocence et sa candeur presque maladive me frappent. Il tend sa main vers moi. La mienne s’ouvre et il se glisse dedans pour m’attraper. Mon cœur se gonfle tandis que nos mains nous unissent dans un moment solennel. Si nous étions dans un film, la scène serait au ralenti. Puis plus rien.

Chaque nuit je revois ta main qui me manque, je l’imagine caresser ma joue, et à son contact, je divague le long du rivage, je marche près de toi, et je la tiens cette main pour que jamais tu ne puisses partir, pour que jamais je ne ressente à nouveau ce manque que je partage à travers des mots.
Je te vois debout près de la fenêtre, le soleil se couchant sur ton visage, créant une aura sibylline. Tu es beau comme un ange. Tu es beau comme l’inaccessible, dans ce halo d’or qui t’enveloppe et semble te faire flotter devant moi.

Tes yeux doux me regardent, atteignant mon corps, perçant mon cœur, touchant mon âme. Ta main touche ma main pour me tirer vers toi. Mais au lieu de te retoucher, tu disparais dans les poussières qu’illuminent les rayons solaires à travers les persiennes. Mon esprit aspire à te toucher encore, à te parler, mais j’ouvre toujours les yeux avant, sentant tes larmes couler sur mes joues que plus personne ne caresse.

Je balaye cette pièce qui n’a plus ton odeur. La cheminée que tu aimais regarder ne crépitent plus, l’océan de l’autre côté de la fenêtre ne s’agit plus, le vent ne rafraîchit plus la véranda ou nous rêvions de futur. Assis devant ma grande plante fanée, je ne revois que ce passé, seul moment que je connais où tu es présent. De l’autre côté, près de la vitre qui n’est plus très propre, ton siège est désespérément vide. Je ne peux que t’y imaginer. Lui aussi t’attend.

A travers la douceur du printemps, je sens tes cheveux frais, j’entends ta voix mielleuse fredonner ces mélodies que j’aimais. Je revois tes beaux yeux clairs se refléter contre la vitre, quand tu regardais le chien jouer seul dans le jardin. Je suis comme lui, seul. Mais je ne joue plus. Je ne peux que repenser à ton nez droit, tes lèvres roses et aimantes. Je ne peux que repenser au contact de ces lèvres avec les miennes, de cette séparation que je savais courte. Du désir de te toucher qui s’évase dans mon âme.

Je frémis, un peu honteux, et je sors lentement dans le jardin vers mon bureau extérieur, ta main dans la mienne. Nous marchons vers cette remise dont nous avions fait un atelier, celui où j’ai écrit tant de fois ta vie, celle qui m’a tant de fois inspirée, celle qui a provoqué tant de livres, tant de fois lus. Je me retourne. J’ouvre les yeux. Encore une fois j’ai traversé le jardin la main vide, avec pour seule présence celle que j’ai imaginé. J’ouvre la porte, les yeux déchirés par ces murs que tu n’habites plus. Ici j’ai terminé les plus belles pages de ma vie grâce à toi, ici j’ai pleuré les pires mots de ma vie en pensant à toi, mais je crois que j’ai encore beaucoup à écrire pour toi, pour nous, pour la vie, parce que mon livre s’est ouvert avec toi, mais il me reste tant de chapitres à vivre.

Nouvelle sélectionnée dans le cadre du Salon du Livre Régional de Pignan

les galtes

lune froide qui dort
enchaînée à son glaciale

morceau de vent sous l’automne
aorte bouchée
infarctus dessiné

marques sur la peau
baisers et ecchymoses
dans un vacarme fréquent
amour ratée sur le plage

Rendez-vous manqué

Je déteste les jours de pluie parce qu’ils annoncent systématiquement des mauvaises nouvelles. La première fois que j’ai raté mon bac, il pleuvait. Le jour du décès de mon père, il pleuvait. Quand Lilyan m’a quitté, il pleuvait. Et chaque jour de pluie me ramène à ma condition d’homme triste et seule, chaque goutte devient une potentielle annonce prête à me mouiller pour des jours et des mois. Des années. Aucun vêtement sec ne me ramènera jamais mon père.

Depuis une vingtaine de minutes j’attendais Gauthier près de la Fontaine des Innocents un rendez-vous conclu par SMS la veille. Pas l’histoire d’amour comme dans les livres, juste un garçon rencontré sur une application quelques jours plus tôt. Photos attirantes, jolis sourires, intéressant à la discussion, quelques points communs, ont suffi à ce qu’on s’ajoute sur Facebook puis qu’on décide de se voir, en vrai. En vrai est une expression qui m’exaspère plutôt d’ailleurs. Comme si ces messages entre deux personnes pourtant bien réelles, qui utilisent des terminaux qu’on tient dans nos mains qui existent et qui passent bien des réseaux fait matérialisés n’était pas réels. Toutes nos conversations étaient bien réelles. Quand je lui a parlé de la perte de mon père et lui de sa dépression chronique, c’était bien réel. Mais on ne croit qu’à ce qu’on voit.

Quand la pluie a finalement cesse, je me suis dit qu’il ne viendrait pas. Encore un. A chaque fois ça me rend un peu triste, un déchirement comme l’impression d’avoir été trahi par le néant. Mais je m’y fais. Dans quelques jours je l’aurai oublié. Ma vie n’est qu’une succession de promesses non tenues.
Alors que je me levais pour aller regarder les livres de la libraire derrière, j’ai vu un visage passé. Je crois qu’il était l’allégorie de la tristesse, tellement les larmes semblaient marquer son visage et qu’il semblait le porter sur lui. Malgré la pluie qui venait tout juste de s’arrêter, il ne portait ni parapluie ni manteau pour couvrir ses beaux et longs cheveux blonds parfaitement secs. J’ai marché vers lui pour l’observer. Il s’est retourné. Gêné j’ai souri malgré ses larmes qui ne semblaient pas pouvoir sécher, elles. Je lui ai demandé son nom. Il m’a regardé puis a regardé ses pieds.

Allez, viens t’assoir avec moi. On est toujours mieux quand on partage sa tristesse à deux.

On s’est assis à la terrasse couverte d’un café qui fait le coin. En réalité, je suis souvent passé devant sans jamais oser y entrer alors que j’adore la décoration. Et j’avais envie de partager un thé vert. Quand j’ai demandé ce qu’il voulait boire il a haussé les épaules. Deux thés verts, ça ira.
J’attendais quelqu’un mais il n’est jamais venu. C’est sans doute moins grave que toi, mais… Je suis un peu sensible, alors c’est le genre de truc qui me met mal à l’aise.
Il m’a regardé dans les yeux, m’a fixé au point que j’avais l’impression de regarder le blanc de son âme et l’éclat de son esprit. Ou était-ce juste la clarté de ses yeux bleus qui m’éblouissait ? En tout cas, ce garçon était incroyablement beau et ne méritait pas de pleurer. Jamais.

Mais je me sens moins seul maintenant tiens, je suis content de t’avoir proposé, je ne fais jamais ça. D’ailleurs c’est la première fois.

Le garçon aux yeux bleus a baissé la tête pour esquisser son tout premier sourire depuis notre courte et naissante relation. Le serveur déposa nos deux tasses de thé. Je ne pouvais m’empêcher de le scruter, ce bel inconnu intrigant.

Qu’est-ce que tu faisais au milieu de cette place, aussi triste ?

Ses doigts se tortillaient les uns avec les autres, et ses yeux baissés tentaient d’éviter mes questions. Je crois que je venais de lui rappeler ses ennuis.
Je suis… désolé, enfin je ne te sens pas obligé de me raconter. Désolé, je ne suis pas très adroit avec les gens.

Son silence était déconcertant. Que dire de plus ? Il leva ses yeux, légèrement plissé comme pour me dire qu’il allait bien. Je savais qu’il me mentait évidemment, mais je n’avais pas envie de lui rappeler ses mauvais souvenirs. Juste de passer ce temps perdu pour un autre avec lui.

Tu peux sourire, c’est déjà une bonne chose je crois !

J’ai relevé mes yeux de ma tasse pour le regarder, et nos regards se sont croisés pour la première fois. Comment peut-on avoir des yeux aussi translucides ? L’inconnu prit sa passe de thé en me remerciant d’un nouveau sourire. Il avait toujours l’air triste, mais peut-être moins anxieux désormais, soulagé ?

Tu sais, peu importe ce qui t’arrives, j’ai appris un truc à force de vivre, c’est que le temps arrange les choses, et qu’on finit par oublier, petit à petit, de plus en plus, et à se faire à n’importe quoi. Il faut apprendre à aller de l’avant.

J’ai bu une gorgée de thé en regardant le bout de la rue qui semblait étonnement déserte.

Je crois que c’est ça, vivre.

Il posa sa main sur la mienne avant de la retirer lentement. Je pris ça pour un remerciement. J’ai regardé la Fontaine des Innocents qui semblait s’être arrêté, mais j’étais trop loin pour voir vraiment. Quand j’ai voulu voir ce que fixait mon bel inconnu… il avait disparu. La rue est redevenue vivante, bruyante. Le serveur s’est approché de la table sans me regarder, puis a posé un petit papier. L’addition indiquait : un thé, 5€.

Le soir avant de me coucher, je me suis connecté pour Facebook pour regarder mes messages. Et puis je me suis souvenu de Gauthier. Je suis allé sur son profil pour voir s’il m’avait bloqué. Non. Au moment de cliquer sur le bouton message pour lui faire part de ma déception de ce rendez-vous auquel il n’était pas venu, j’ai vu que son mur était rempli de messages d’amis postés aujourd’hui. Des messages de détresses, de tristesse, des on ne t’oubliera pas, des RIP, des putain pas toi. En remontant quelques messages, j’appris que Gauthier c’était suicidé dans la nuit.

Peiné par la disparation de celui que je ne connaissais que depuis quelques jours via des messages, mais obsédé par le nombre de messages de ses proches, je scrutai chaque publication jusqu’à cette postée par Amélie, les montrant tous les deux assis sur un banc public. Souriant, Amélie tenait ses longs cheveux blonds. Et Gauthier regardait l’objectif avec ses grands yeux bleus translucides.

Solitaire de nuit

Solitaire dans la nuit
Je veux avancer sans tout donner
Garder l’essentiel de la lumière noire

Je cherche un refuge dans cet esprit blanc
Où se cachent les mots qui évoquent
Le passé sensoriel d’un idéal brisé

Avant que l’aube ne pointe
Les modes se détourneront pour rejoindre la meute
Hurleront jusqu’à réveiller ce peuple

Oui le peuple, ce peuple
Celui qui lynchera la mort oblique
Au détours d’une conversation oblique

Je suis la nuit je suis la mort
Je suis ton mensonge et ta haine
Et ce soir je viens hanter tes songes, ceux que tu adores

Fin de cycle

Regarde moi,
sorti secrètement au milieu d’un bonheur matinal
si longtemps caché au creux du temps que tu voulais ignorer.

Mes racines,
enfermées à l’aube d’une nouvelle vie moderne
serre ta gorge que j’aimerais nouer de mes mains.

Rassemblés,
nous sommes rassemblés sur la petite boîte tombale
où repose les cendres d’un amour révolu.

Cette photo,
dernier vestige de cette mémoire détruire,
fait vibrer la musique sur laquelle nous dansions.

Te souviendras tu,
de ces heures dans l’ignorance où je marchais
en tenant ta main moite pour que tu ne t’échappe pas.

Ces secrets,
gardés à jamais au sein d’un corps que je ne peux plus toucher
pourrissent sans que personne, plus jamais personne, ne les regarde à nouveau.