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Mois : décembre 2017

hurlement

je suis né une nuit
sans mode d’emploi de la vie
pendant un feu d’artifice
dont je ne garderai que les vices

la vie est un apprentissage pour lequel je suis médiocre
petit blond naïf, corps chétif, je navigue à vue
dans les ardennes d’arthur, grises et monotones
la mort par contre est une leçon de vie, violente et magistrale

la mort est venue me voir un jeudi
sur le petit chemin du jardin près de la véranda
peut être que la véranda n’existait pas encore
elle s’est baissée pour me parler
et j’ai compris que c’était mauvais signe
les grands ne se baissent jamais pour pzrler a un enfant

chemin ouvert
vers une chambre rouge
fermée
dernières paroles muettes
au creux d’une oreille sourde
blanche
épitaphe

saint-charles accueilli ce départ injuste
et moi j’accueillis l’hiver
parce que le trmps passe et passe
sans demander son reste
et bientôt il ne reste que le temps

j’accueille la vie, j’accueille l’amour
je rencontre la différence
ou plutot on me présente la différence
quelle différence ?
je ne l’avais pas remarqué
je me sentais si naturel

la différence a un joli visage poupon et s’appelle frederic
il est grand, brun avec de jolis yeux verts
la différence me plait
mais la différence n’est pas aussi différent que moi
alors pour lui je reste normal

sexe indécis
organe pressé
retard déficitaire
hormone organisée

chasse aux aurores
frasque d’horreurs
premières rencontres
premiers amis
les instants imbéciles hurlent devant moi
avec celle qui enfanta jusqu’à là

obstination de la joie
bonheur temporaire
je cherche l’audace d’exister à travers moi
recherche de plaisirs, singuliers, solitaires
l’autre est toujours un ennemi

et la mort encore rode, rode encore
les cimetières de ma vie se remplissent à profusion
plus que se vident mes larmes mouillant mes oreillers
parce que quand on est moyen, presque grand, on n’a plus le droit de pleurer
ou plus devant les autres

nuits lacrymales
draps amers
sur les vasques de l’espoir
où coule demain

face b d’une existence mal contrôlée
je souffre dans un silence imposé
sous une sépulture de remords
agrémenté de regrets

le temps énigmatique poursuit l’adolescente
qui refuse d’en être une
et mon futur nécrologique s’inscrit dans un ruisseau
s’écoulant sur les stèles d’un ennui certains

enfermé dans la honte et l’immonde
je repense au passé qui blesse
je repanse le passé oblique
de cette existence problématique

l’existence est une usure latente qui menace de ceder
et moi je ne suis que moi sans oser me regarder
poisson soluble dans un marais naïf
je maeche dans les souffrances captives
d’un environnement hostile

journée sans heure
année sans noël
bombardements de pleurs
village secret

poursuite du bonheur
lutte de classes
sexe à l’horizon
maintenant c’est demain

a l’aube d’une seconde vie j’écris la souffrance
d’être prisonnier d’un carcan personnel
oublié par moi dans jne adolescence flasque

les passions perdues et les rêves de gloire
oubliés et noyés dans les hormones de raisons
accumulent les regrets de pensées nocturnes
aux senteurs urbaines et aux pellicules grises

candeur terminée
naïveté bouclée
sexualité endormie
corps embrigadé

dette

je suis né une nuit
dans le délire aléatoire d’une cargaison sonore
je suis la désobéissance d’une nuit d’automne
tonnant dans le paiement de mars qui meurt
juin qui naît dans un rêve en grand
au cœur d’un crâne indestructible

je suis quelque part dans un monde fédéré
au courant des familles syndiquées
revendiquant les crimes sanglants
qui sautent à la gorge de la vie
morsure du temps agaçant

je suis en accord avec cette jeunesse mortifiée
morve d’une attirance légale

je suis un animal en cage
a la capacité codée par l’univers silicone
je suis la transformation réelle d’un monde en mouvement
a l’extérieur de l’imaginaire je loue les capitaux de l’ancien
petite fracture
grande blessure

je suis la morsure d’un humain momifié par l’antique référence
anéantir par les espoirs formels de trace-écran

je suis une âme cryptée par un code moribond
se réincarnant en une existence folle
oui je suis cette folie
cette déchirure anarchiste entre la conscience et l’animosité de ma part morte

je suis l’écriture sans syntaxe
entre deux phrases non liées
je suis tes fautes de grammaire
je suis t’es paradoxes et tes amalgames
je représente chacune de tes erreurs
je suis le symbole de tes échecs

perdu dans un tableau sans couleur
les pinceaux de la gloire
glissent sur les contours boisés qui abîment le temps

je suis les regrets
je suis tes remords
je suis nos chemins d’espoir
je bois nos gloires carmins

j’appelle ici ta bonté
j’invoque l’agencement sacré des nos idéaux

allons vers les eaux glacées
où je me noie chaque nuit
gratifié par la glace qui m’emprisonne

je suis ton asphyxie flagrante
je suis ta mort nerveuse
je suis la pendaison de tes pensées

au bout de mon doigt
regarde l’archétype de mes jours
vomis l’espoir des tes nuits
où se désagrège la matérialité de tes cieux

je suis l’air d’autrefois
j’ai l’air d’une mise au point
je suis le départ incarné vers l’au delà

les souvenirs importantes se suicident devant mes yeux
déviés par ma mâchoire arrachée par une balle qui traverse mon cerveau
avachi sur un matelas que je ne quitterai jamais
je remplis des poches d’excréments en attendant la mort venir

je suis l’attente
je suis la capture du temps que je subis

mon visage qui n’existe plus
est un marché conclut entre deux mondes
exprimant l’horreur d’être loin de toi

je suis la mort qui refuse de me pénétrer
je suis la vie qui refuse de me quitter

Histoire d’une phrase

S’il fallait dire une phrase, ça serait celle là : « la vie… »
Parce que s’il ne devait y avoir qu’une phrase lle serait forcément profonde et parlerait d’existence ou de relation. Le reste n’est que pastiche. L’art le patsiche du présumé beau. La littérature est le pastiche de la mémoire. L’amitié, l’amouir et le cul ceux des relations. La mort, la madie seront la vie. Et le pouvoir comme l’argent sont les pastiches du cul et des relations.
De fait il faut vivre pour avoir des relations donc s’il n’était qu’une phrase, elle parlerait de la vie.
Elle la définirait pour que chacun s’y retrouve. C’est pour ça qu’elle commencerait par « la vie… » avant de développer une métaphore que la ménagère des publicités de la télévision trouverait hautement philosophique, comme un épisode des Feux de l’amour. Plus même. Mais moins que Raphaël Enthoven, qui a été le mari de Carla, et qui est plus beau de Finkelkraut, mais qu’on comprend rien de ce qu’il écrit. A t’il seulement écrit un livre avec de belles citations lui Marc Levy, oui.
La banalité du développement serait « c’est comme une boite de chocolat, on ne sait jamais sur quoi on va tomber ». Mais en moins éculé. Alors la serait serait un truc qui virevoote fraichement, livrement et avec grâce. Fragilement. Une bestiole ou un enfant. Les seconds étant trop cons, prenons la libellule.

« La vie est comme une libellule ».

Et donc quoi ? Il faut un dénouement, une morale. Que fait une libellule ? Elle déploie ses ailes et vole comme une conne en attendant la mort (proche).

« La vie c’est comme une libellule, elle attend, heureuse, la mort ».

Trop Desproges, pas assez positive.

« La vie est comme une libellule, à peine ses ailes déployées que le temps se termine déjà pour elle, alors n’attendons pas de nous sentir mûrs pour vivre »

Évasion

Draps qui se froissent
Doigts en surface
Explorent une peau
Caresses d’oripeaux
Drogue de ton corps
Innocence d’un décor
Sur tes fesses de velours
Prêtes à l’amour

Murmure d’un chant
Parcourant ta front suant
S’échappant langoureusement
De tes lèvres regardant
Nos ébats évasifs
Et tes crocs incisifs

Dans ce mal qui fait du bien
Carapace du malin
Ou tu essayes de m’entraîner
Sauras tu t’en échapper ?
Ces bras qui m’attirent
Pour le meilleur et surtout le pire
Son soupire de dédain
Qui respire le levain

Dans l’ombre d’un regret
Frustration de tes yeux violets
Le désir me tord
Comme ton corps-ressort
Dans cette nuit de putain
Ou nos corps ne sont qu’un

Tes courbes et fermes
Ton sexe isotherme
Frissonnent dans la chaleur
Candeurs et ardeurs
D’une obscurité torride
Absorbée par la langue avide

Prisonnier volontaire
De tes mots catilinaires
Au creux de tes mains-étau
Je largue ma conscience-fardeau
M’imprégnant de ton odeur
Écoutant ton agréable petit cœur

A la flamme dune désir ardent
Je gémis ce plaisir constant
D’être avec l’être d’un soir
Comme au creux d’un lavoir

Les draps frissonnent du mouvement
Que tes hanches dessinent lentement
Tandis que ta langue m’effleure
Et que mon sexe frappe l’heure

Ma peau te réclame encore
Au détour d’une nouvelle aurore
Ta bouche sur mes points brûlants
Apaise mes maux de firmament
Tendinite de plaisir amer
Dans la chaleur torride de l’hiver

Mes caresses obligent ma bouche à s’ouvrir
Et j’oblige t’es fesses à souffrir
Subir ma présence incongrue
Jusqu’au fond de ton cul
Paroxysme des mouvements inconscients
Je bute contre tes yeux levants
Fixant mes aléas linéaires
Se balançant devant tes iris claires

Sois honnête et crie comme moi
La jouissance que bientot tu auras
Quand ton corps entier frissonnera
Contre ma chair angora
Et ce mal qui nous fait du bien
Interdit par la morale des puritains
Restera dans un mortel souvenir
Le vague d’espoir d’un dernier soupir

sérénité

élégante légèreté
autour d’une gravité formelle
orpheline de la liberté
abandonnant le chemin
qui s’élève vers l’allégresse

regrettant chaque seconde
d’un avenir avarié
je suis incapable
de vivre la solitude morbide

mémoires d’outre-tombe
d’un nouveau monde immortel
écoutant la voix claire
et les pensée écrite

solitude extrême

dans les griffes du silence
permanence quotidienne

aubade

feuillette le bonheur
de ce sourire en marque page

matin bonheur
d’un nouveau paysage
dans la vallée du soleil
chair qui innove
la lumière abyssale

la nuit endort ses lacunes
sève d’un amour
qui répond au silence
avançant à reculons dans l’azur
d’un printemps singulier

A l’ombre de ma nuit

Longtemps j’ai cru que j’écrivais sans but parce que je n’écrivais pour rien et sans publier. Parfois devant mon clavier, lumières éteintes, mes yeux se fermaient à mesure que mon esprit prenait le contrôle des mes mains jusqu’à ce que je ne puisse plus deviner ce qu’elles écrivaient, et avant que j’aie le temps de me rendre compte que j’écrivais, le jour pointait, et avec lui des kilomètres d’automatismes. A force de cherche l’inspiration, de choisir consciemment les mots qui devaient s’aligner les uns après les uns, j’étais envahis de pensées que je n’arriver plus à contrôles, face à des réflexions équivoques qu’il me semblait moi même impossible d’avoir, des raisonnements surannés ou des préoccupations d’un autre être. Perdu dans mes ouvrages parlant de Patti Smith à la manière d’André Breton, je tentais de croire que j’avais la moindre raison de croire en mes phrases souvent intelligibles mais rarement intelligentes. Dans l’obscurité qui recouvrait la vue des mes locutions, se détachait les joutes verbales entre le passé où j’aurais aimé vivre et le fantasme où je me complais de m’imaginer, idéalisation d’une excitation qui ne se calme que pendant le sommeil, comme après la métempsycose.

Dehors le bruit des camions poubelles annoncent la levée du jour que je n’ai encore pas vu, tel le chant des oiseaux qui refusent de siffler le moindre hymne dans cette ville barbare à la nature morte. Gracié par mes rêveries récentes, j’imagine les adieux déchirants préscolaires sur le bitume trop froid et les vitres gelés des voitures plus cotées.

Ma nuque tendrement appuyé sur le cuir de mon fauteuil se détend pour diffuser les idées qui infusent dans mon corps, que chaque membre s’empare de cette vaine création qui ne regarde que moi. Si j’avais une montre, je l’aurais sans doute regarder pour savoir l’heure qu’il est. J’attends que le sommeil soit trop présent pour m’obliger à partir en voyage diurne quelques heures avant d’être réveillé par une contrainte bien trop réelle pour qu’elle me préoccupe, celle des gens qui voudraient me voir exister sous le soleil de leur vie. Réveillé par ces crises du réel je maudira mon bonheur onirique bien trop court qu’on voudrait ma faire croire irréel parce que non palpable pour les autres. Et pourtant sa chaleur, sa proximité et sa présence sont bien réelles pour moi, la donnant l’espérance d’un soulagement futur, à l’aube du courage d’affronter la souffrance et le regard quotidien, des sonneries, des pas qui s’approchent et qui repartent, de cette vie qui craque autour de moi en m’ignorant.

J’ai dormi tant de vie que j’ai oublié de faire l’effort de grandir, puis de vieillir, restant l’éternel enfant de lin adolescence primitive, dans la conscience sélective où mon corps changeant, enfermé dans des couches sentant l’urine nocturne. Auparavant cerné par les terreurs de l’enfance, je suis désormais atterré par celle du monde adulte fixant mon kaléidoscope hormonal comme une horloge biologique calqué sur mes battements cardiaques syncopés.

Ce long et douloureux rêve.

Formé au plaisir entre le gout du sucre et le toucher charnel, je scrute l’enfance en tenue d’Adam qui marche de long de ma cuisse, lentement pour ne pas me réveiller, prêt à s’offrir à ma nuit. Le reste du monde m’apparaît trop lointain pour remarquer de coup de canif dans un contrat tacite qu’on a signé à ma place. Sa cou encore chaud de mes baisers de la veille fait rougir ses yeux célestes, astres d’une cité bleue où j’habite parfois, quand le réel est trop dur. Mes paupières mi-closes, entre deux mondes, font barrage entre ces alternatives aux siècles de civilisation et de société sur lesquels j’aimerais marcher à grand coup de régression antisociale. Frémissant comme un animal blessé dans sa caverne, j’attends patiemment la seconde de jouissance, quand les regards sont trop sombres pour m’observer, espérant qu’aucune caméra ne garde trace de mes mains.

L’ordre des années m’indiffère, et le monde qui tourne ne me consulte jamais pour remettre en ordre les souvenirs évanescents que nous avons en commun. Je viens d’un monde où un bras soulevé suffit à déplacer l’orbite qui tord le charme sanguinaire des aléas habituels. Je viens d’un monde à l’immobilité crasse sans recourt. je viens d’un monde où s’agite les traits originaux à la lumière d’une lampe à pétrole prêt à enflammer le sommeil profond d’où je me débats chaque jour.

Engourdi comme après chaque réveil, l’instant de brume entre mémoire et conscience cherche à m’induire en erreur, me projetant sur les hauteurs de Saint-Menges où le cimetière communal m’attend, balayé par le vent glaciale de décembre qui glace mes membres. Ankylosé, j’attends le réveil de ceux qui m’attendent pour m’excuser et me justifier, au cœur de leur tourbillon de ténèbres, je compte les années où, allongé sur des matelas trop fermes, je pleurais en pensant à eux, et à ces départs injustifiés, les seuls à être capables de me fixer au réel.

Les volets entrouverts fabriquent une lumière barbelée qui dépose des rayons angoissants dignes des barreaux de prison. Leur vision disloque ma pensée qui s’étire entre les six parois de ma chambre, minuscule entonnoir à idées remplit de livres

 

l’écume des nuits

respire les vents saisonniers qui rugissent jusqu’à ton visage
les souvenirs amers repoussant le temps et l’endroit jusqu’à des nouveaux horizons
cours oui cours dans le confort des tourbillons qui narrent le vol des Anciens
vers le passé que nous avons conquis ensemble et posé sur cette stèle

la flamme d’acier aux racines obscures sur lequel souffle le vent d’ouest
me raconte chaque nuit la peur du changement et ces cœurs brisés
échoués sur l’écume des nuits nous je regardais tes yeux verts
pardonne moi je t’ai oublié

mais les vents contraires qui parcourent le littoral
me soufflent chacun matinée quand je viens toucher la rosée
les souvenirs amers et les voies du destin singulier
lorsque les jonquilles dansaient pour toi et que la neige de l’hiver t’observait sans fin

les vents soufflent sur tes adieux qui fondent à l’aurore au contact du sel
me révélant ces secrets à jamais emportés oubliés irréels
maintenus derrière tes lèvres scellées que je n’embrasse plus
à la chaleur glaciale que l’enfer ignore

depuis chaque nuit alors que j’attends en vain ton retour improbable
j’écoute le chant des vents étranges qui murmurent dans les rêves
chassant le mauvais esprit et les souvenirs cruels
pour ne laisser que ton nom gravé en lettre d’or sur une pierre que j’aime

la lune est une bougie la tempête est une lumière et les souffles ma route
vers ce sommeil éternel qui souffle sur le brasier presqu’éteint
et les vents étroits rugissent et font fuir les pensées sauvages
sur lesquels je me tenais en pensant à toi

Poème écrit dans le cadre su Salon du livre Bigouden