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Catégorie : Désillusions perdues

Poèmes versifiés du Cahier A

Marine

Ces éclats aux lettres d’argent
Renaissent au-delà de leurs tombes
Enfouis dans les peuples miséreux
Mystérieux et anxieux
Symbole de paix prémonitoire
L’espérance de leurs voix profondes
Aspire à devenir le cadre
Masque de liberté
A la force immense
Sur le chemin lent de la gloire

Le dormeur

La rosée des sables
Où la fontaine des inspirations
Fait jaillir les vers de gris espaces
Dans la chambre azure
Les fleurs de lys usées
Aux pétales délicats
Flétrissent sur la chute d’un poème

Cette maison abrite des souffrances
Et des esprits maladifs
Aux cœurs immensément tristes
La voix de l’enfance obsolète
Par le trou de la serrure verrouillée

Un dormeur oublié rayonne
Dans l’ombre de la surprise étoilée
Naufrage de l’attente
Aux origines des demandes
Premières vagues du jour

La fleur de ses yeux
Qui nourrit l’extérieur
Cache l’eau du bonheur
Coulant dans les éviers en métal

Chante l’heure des regards
Perdus dans les aiguilles
Où les légendes s’immolent

Interstice

Ton astre a pleuré la pluie bleue jusqu’à la rosée
Enroulé et drapé dans la soie de mon lit
Ton sang a coulé dans la nuit jusqu’à l’aurore bleuté
Sur le pavé de cette rue où je te vis

Triolet

Je vais nu dans l’aurore d’épouvante
Qui accueille lentement les mains savantes
Au bout de ton âme bienveillante
Je respire la brutalité male en geignant
Cette plainte devant toi qui courant
Me refuse à tes bras saignants
Portées par le chant de tes victoires
Ma minuscule et misérable possession
Te retourne mon éternelle interrogation
Faut-il vivre à jamais châtié
Pour profiter un jour de ta charité
Et par tes grands yeux bleus être regardé ?

Parodie

Une parade sauvage défit la nuit
Devant les splendeurs grandes ouvertes
A mes écritures passagères
Parodiant les titres circassiens
Maître de cérémonie de l’extase
Saint Patron des tristesses ravalées
Il prose ses mots sur l’étagère grammaticale
Au milieu des certitudes brouillées
Souillées

Lettre au bois joli

Au cœur de mes fantaisies git cette bohème
Aux allures qui évoquent la pitié
Et la liberté de croire que l’amour est né, mort.
A vous seuls, je livre mon secret de bataille
Conduit aux adieux par l’imparable et aléatoire cœur
Bâtant l’érotisme à mesure que l’oisiveté le gagne
Vétuste et grinçant, il s’arrêtera bientôt pour de bon
Au milieu de ma bohème vi une ombre fantastique
Qui parcoure l’espoir de son voile mystique
Chaque matin que l’existence lui accord
Regrettent la pitié qui trop souvent l’affecte
La mauvaise liberté remonte ses chaines
Venant à penser la syntaxe de ses songes
Comme une large sérénade sans fin qui gronde.
De toutes choses nait l’immonde
Si les souffrances ne sont pas pansées
Arrivant au dérèglement tacite de ses sens
Arrachés à son visage fin et cendré
Le voyant inconnu se place devant lui
Donnant toute fantaisie à l’avenir incertaine
D’écrire sa poésie d’infortune
Sillonnée par les violons pleureurs
Expliquant chaque colère des événements
Par la prose qui regagne son matelas immobile
Livrant jusqu’au paraitre
La sagesse de ses inventions justes

Rêve d’hier

J’écoute l’horloge sculpter les ombres du soir
Rêvée par les douceurs de la folle vieillesse
Enfouie dans le chêne sombre
Qui succombera aux charmes de l’incroyable vestige
Tombant des ruines du Népal.
Cherche la bête sauvage
Profondément établie en toi
Et rugis le temps oublié
Par les monstruosités égratignées par la foule.
Ne les laisse pas juger tes pensées
S’ils n’acceptent pas ta difformité
Garde pour toi tes parfums enorgueillis
Douceurs spirituelles à la dentelle fanée
Je sentirai ton retour, humant les aiguilles
En attendant que blanchissent tes cheveux

La fin d’une époque

Entre la réalité et son sujet
Se lie de mystérieux sophismes
Externalisés dans les tornades
De mots qui crépitent
Noyés dans ce spectre
De lumière ballotée
Sur les flots des eaux usées
Qui descendent au maquis

A reculons elle avance
Vers ces lieux malfaisants
Tentée par la vie

Et cette femme à genoux
Suppliant qu’on lui laissât
Le loisir de mourir
Pour abréger la douleur
Qui toujours la poursuit

Cette réalité là
Attrayante mais macabre
Martyr des corbeaux
Se fond dans les masses creuses
Où plus rien ne fleurit jamais

Pour mon ardeur

Le cœur en morceaux
Emietté sur cette feuille
Aux carreaux insolents
Consolant mes griffures
Les cons de crécelle
Tintant dans les larmes
Prisme de lumière argentée

Tournoiement dans les prés
Que rien ne prédestinaient
Aux relents de parfums humés

La secousse des lumières
Egrène les restes sanglants
De la Nature qui se plie
Aux horreurs humaines

Saisie & justice

Nulle trace ne reste de cette invisible cache
Tenue à l’écart par l’étau tiraillant
Entre ses indicibles pinces le cœur défaillant
Où l’aorte pleine se vide vise dans le pourpre lâche

Un émouvant mouvement sur le chemin de conscience
Attenant aux experts de la nouvelle décence
Qui éclaire la ville fantôme éteinte dans la nuit
Tout en mourant sur les cloches qui plus jamais ne tintent