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Catégorie : Désillusions perdues

Poèmes versifiés du Cahier A

Les courses

Ami, attends la pluie qui brouille
Toutes les paroles que tu formules
Dans la brume de ce duel fratricide
Où toute fasse semble possible.
Les camarades d’écurie imaginent leurs départs ailés
Course de pégases lancés et réduits par l’eau
À une bouillie éclatée aux dimensions spéciales
Décidant de ces futurs incertains.

Je me suicide

Je me suicide à chaque baiser qu’on m’offre tel un présent.
Je me suicide chaque fois que j’accepte un corps contre le mien.
Je me suicide à chaque caresse, à chaque tendresse.
Je me suicide à chaque regard langoureux et appuyé.
Je me suicide sur les lignes d’un dos tourné vers moi.
Je me suicide sur les lignes de mon cahier.
Je me suicide à chaque mot que je bave en fermant les yeux.
Je me suicide à chaque texte que je publie.
Je me suicide chaque fois que j’écris ces souvenirs qu’il faut oublier.
Je me suicide à chaque occasion que j’ai d’aimer.

La fonte de l’existence

Dans la candeur de l’enfance, je m’évade
Bienheureux, dans un chaleureux couloir
Qui ne mène nulle part.
J’avance sans but dans cette atmosphère cotonneuse.
Ouatée.
Plus besoin de respirer, je vis sans rien.
L’existence coule sur moi
Une normalité banale.
J’exulte quand le couloir s’ouvre.
Une intense lumière bleutée me pénètre
Et me recouvre en entier.
Elle ma chauffe jusqu’à la fusion
Sans autre douleur que la disparition.
Je fonds sur le sol qui me recueille
Dans une flaque informelle.

Les escaliers de feu

Compte les pensées.
Compte les fleurs qui devant fanent.
Admire le travail naturel
De l’évier de vie
Qui se vide de toute substance.
Regarde la mort t’entourer
Tourner autour de toi qui fuit.
Subis sans parler cette escalade malléable
D’où arrive l’ascension qui mène aux cieux.
Monte avec lui et plante à nouveau
Cette vie que tu regrettes
Et qui te manques, à qui tu manques
Qui un peu plus à chaque oubli
Désespère de ta vaine présence.

La messe

De cette fugue aléatoire
Où la femme est, où l’homme fut
Ils dansent leur vie
Instant de laboratoire
Qui cultive les plantes amères
Bêche les femmes austères
Et l’homme au visage bizarre
Regarde passer le temps avare