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Catégorie : Lilou

je laisse le temps

je laisse le temps emporter les pensées
partir dans les contrées où tu n’es plus

je laisse le temps voler l’éternel ailleurs
souiller les désirs dont tu prends soin

comme nous sur les flots
attachés à la délivrance du jour

te rappelles tu tous les mots qu’on a dit
te souviens tu de toutes les phrases qu’on a écrit

comme toi j’efface ce que je voudrais oublié
rabotant mes cicatrices au rassoir

je laisse le temps emporter ce qui est de trop
souiller les désirs dont du prends soins

je laisse le temps prendre mes derniers mots
partir dans les contrées où tu n’es plus

trop de nuits je t’ai rêvé alors tu étais à mes côtés
aujourd’hui ton absence m’habite chaque jour

glissant sur tes joues comme une larme
ta main m’essuie comme lorsque tu étais trop heureux

imagineur désabusé je viole le temps
avec mes pensées d’espoir que tu m’as donné

je laisse le temps emporte les pensées
dominer l’ardeur du passé révolu

je laisse le temps voler l’éternel ailleurs
oublier ce que nous avons ensemble toucher

imagine tu un instant que nous n’a jamais existé
embarquant avec lui la solitude fortuite

à bord d’une embarcation qui fuit
je colmate l’espoir avec tes anciens mots d’amour

j’espère l’espoir à travers notre forêt trop épaisse
violence déchainée des regrets qui nous bayonnent

je laisse le temps
partir dans les contrées où tu n’es plus

je laisse le temps
souiller les désirs dont tu prends soin

décousu

je n’ai de mémoire que pour l’ombre de ton corps
gardant l’image d’un mouvement

quand tu étais assis
quand tu étais là
quand tu es parti

alors que tu parles tout bas dans le creux du matin
ta main se promène sur l’aine de mon coeur
et chaque respiration meurt à l’aube de demain

je n’aime rien d’autre que tes envies
je n’aime rien d’autre que tes espoirs

chaque matin je sonde les trottoirs
à la recherche des souvenirs de nos rencontres
lorsque chaque vitrine est une coïncidence étrange
dans laquelle je cherche ton reflet

sur mes cahiers et soie
je grave à l’endre de nos vies
les mots qu’il ne faudra jamais oublier
pour que chaque trace soit un écrit
que nous suivrons ensemble
pour que chacun trace soit une envie
que nous construirons ensemble

le long des murs de notre enclos
j’écris l’amour et l’espoir
j’écris les tracas que nous oublions
j’écris les quartiers où tout commence
sur un banc de la place des Vosges

sauras tu ressentir l’odeur de l’automne
où tes sourires dessinaient l’audace d’une conversation
devant une boisson trop sucrée

c’était Paris

c’était un début de journée
une journée parisienne sur les remparts de la Seine
entre le métro, les pigeons et nos espoirs
quand l’eau coulait moins vite que nos amours

c’était une journée sans raison
une journée où les gens marchent sans but
disséminés dans des rues indolentes
où autrefois vivaient les révolutions de nos id »aux

dans le ciel clignotent les signaux lumineux
marquant l’angoisse et battant l’asphalte humide
où nous marchons mains liées
décoiffés par le vent qui affole les terrasses

dans les rues s’agitent les sourires matinaux
attendant que les pluies coulent sur les visages
jusqu’à se fondre avec les larmes salées
que nous ferons alors semblant d’oublier

c’était un ciel dessiné sur un drapeau bicolore
brandi au bout d’un pic de métal
immobile devant une ville d’acier
qui se déchire au fil des rails

c’était la rue de notre rencontre
là où Paris se couche tard debout dans la nuit
où fulminent des amours éphémères
tandis que les matinaux partent au loin