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Arthur T. Manderley Posts

décousu

je n’ai de mémoire que pour l’ombre de ton corps
gardant l’image d’un mouvement

quand tu étais assis
quand tu étais là
quand tu es parti

alors que tu parles tout bas dans le creux du matin
ta main se promène sur l’aine de mon coeur
et chaque respiration meurt à l’aube de demain

je n’aime rien d’autre que tes envies
je n’aime rien d’autre que tes espoirs

chaque matin je sonde les trottoirs
à la recherche des souvenirs de nos rencontres
lorsque chaque vitrine est une coïncidence étrange
dans laquelle je cherche ton reflet

sur mes cahiers et soie
je grave à l’endre de nos vies
les mots qu’il ne faudra jamais oublier
pour que chaque trace soit un écrit
que nous suivrons ensemble
pour que chacun trace soit une envie
que nous construirons ensemble

le long des murs de notre enclos
j’écris l’amour et l’espoir
j’écris les tracas que nous oublions
j’écris les quartiers où tout commence
sur un banc de la place des Vosges

sauras tu ressentir l’odeur de l’automne
où tes sourires dessinaient l’audace d’une conversation
devant une boisson trop sucrée

c’était Paris

c’était un début de journée
une journée parisienne sur les remparts de la Seine
entre le métro, les pigeons et nos espoirs
quand l’eau coulait moins vite que nos amours

c’était une journée sans raison
une journée où les gens marchent sans but
disséminés dans des rues indolentes
où autrefois vivaient les révolutions de nos id »aux

dans le ciel clignotent les signaux lumineux
marquant l’angoisse et battant l’asphalte humide
où nous marchons mains liées
décoiffés par le vent qui affole les terrasses

dans les rues s’agitent les sourires matinaux
attendant que les pluies coulent sur les visages
jusqu’à se fondre avec les larmes salées
que nous ferons alors semblant d’oublier

c’était un ciel dessiné sur un drapeau bicolore
brandi au bout d’un pic de métal
immobile devant une ville d’acier
qui se déchire au fil des rails

c’était la rue de notre rencontre
là où Paris se couche tard debout dans la nuit
où fulminent des amours éphémères
tandis que les matinaux partent au loin

optimisme

les feuilles tombent
et nous tentons
de les attraper

derrière nous
le feu des allumettes abandonnées
dévore les couleurs affamées de l’automne
les gris assoiffés
les pastels antonymes aux décibels acquis

sirène de printemps

en marge de la violence du vent
ta jeunesse en vide et fragile
s’engouffre vers demain
ce demain qui se dessine sur mes ongles brisés

l’art n’est qu’une posture
rapidement une imposture
à l’ombre de nos idéaux encadrés
emprunté à une humanité que nous aimons détesté

les feuilles tombent
et nous tentons
de les attraper

le poids d’un atome

le bruit frêle des réminiscences se débat
dans l’écho d’une vague nausées
émiettée le long d’une autoroute métaphysique

les contrôles dichotomiques
entre les yeux et la peau
ne suffisent plus à affronter les catalyseurs autrefois dissuasifs

pourquoi

nous sommes des animaux
vivants par les morts
respirant l’air des vivants jusqu’à les asphyxier

sur la route sinistre de l’exile
les véhicules tristes et sourdes qui ne parlent pas notre lange
engloutissent le désir
entre les gouttes
entre le vent
jusqu’à la clepsydre renversée

gagner n’est pas une option

la distance n’est plus calculable
alors que ton coeur brûle dans une ampoule de tungstène

cette année est encore trop sombre

négativité

nous étions proches
languissant notre vie dans un trou de ver
de l’autre côté d’une vitre brisée

la distance venait de volé ce qu’il restait de souffle
et le gel anéanti notre espoir
dans une économie d’intimité qui respirait nos espoirs

l’intersection était inévitable

incapable de lire une carte
tu tenais ma main fermement
mais mes yeux clos te guidaient de même

ambiance de fin du monde
ambiance de fin immonde

persistant

la gelée était douce
quand nos premiers pas violaient la neige
et le froid

le chemin aléatoire bégayait
incapable de concilier nos idéaux
à travers la distance implacable

dans la rivière de sang je lave mes blessures antérieures
espérant qu’un miracle
ou une apparition
me redonnent espoir en toi

j’étrangle le jour
murmur profond
attendant la fin du chagrin naturel
à la surface gelée et fragile

comme toi

comme nous

les secondes s’écoulent et boitent vers nous
à la fois héroïnes et méchantes
ni vraiment vivantes
ni vraiment mortes

les couleurs douces de la nuit
dont la mort s’annonce
rassure nos choix physiques

sévérité du besoin

blessure ouverte

froid
froid
comme il froid
dans cet été relatif
chevauchant ta peau de pierre

les dialogues stériles
haranguent le vent viole face à l’océan

mes yeux tournent
fixent l’horloge accusatrice
le temps est une cage
et son visage canari aux lambeaux de peau déchirés
tente dans un dernier exploit de panique
d’imaginer une issue

le vacarme de tes fantasmes
encerclent l’hiver qui mâche tes espoirs
vomit l’impuissance de la miséricorde

le route du temps est trop étroite pour toi
le température s’envole et t’emporte
faisant peler ce qu’il te reste de peau
confusion des genres qui inondera bientôt des bandages

passager de nuit

rien n’est plus présent que maintenant
l’échelle fébrile entre mes mains
construite sur le reste de tes os
amène sur le toit d’un amour louche

d’ici je domine l’angoisse de l’existence
j’écoute les cris de ceux qui ne seront bientôt plus que viande
et dont même le souvenir s’effacera

je touche le temps
coupant la violence de l’âge avec une lame émoussée

au loin le pont de notre rencontre saigne
tandis que les secondes assassines
chuchotent à Machiavel
la description des monstres qui hantent nos passés

j’ai faim de toi
mais je n’ai que pour seuls restes
un panier de poison ardent

champ gravitationnel

volume
profondeur
ton rire arithmétique séquestre la raison
sur le chemin bordés d’as de pique

loin duc peur et près du monde
le sable où ta respiration prend appui
devient moteur
combustion
explosion

la physique des sentiments
la métaphysique des bourdonnements
écoutent l’écoulement de ton sang qui s’effiloche
le long d’une formule mal acquise

chaque chanson est une formule
chaque formule est une expression
volant l’amertume de la raison

destruction

au fond de mon âme
je conserve une trace de ta présence amère
en attendant la dispersion syntaxique
des mors d’amours qui se dispersent

je vole
je navigue
je pleus
sur l’angoisse sur souvenirs révolus
destinés à dissoudre l’avenir
bâti sur tes yeux bleus

à l’abri du passé
je scrute l’impasse où tu gît
martyr de la violence accrue
tu écris quelque mot sans fantasme
myriade d’échos